En visite à Djibouti, le Secrétaire américain à la Défense souhaite que la France poursuive ses opérations au Sahel

Le Secrétaire américain à la Défense Jim Mattis, lors de sa visite officielle à Djibouti. (POOL/AFP/JONATHAN ERNST)

Actualité Afrique – En visite surprise à Kaboul, Jim Mattis, le Secrétaire américain à la Défense est arrivé en Afghanistan ce lundi à la mi-journée. Mais avant de fouler le sol afghan, le chef du Pentagone a effectué une visite à Djibouti le dimanche 23 avril. Occasion pour Jim Mattis de s’entretenir avec le président djiboutien Ismaël Omar Guelleh. Il en a profité pour saluer l’intervention de la France au Sahel, notamment pour éradiquer les réseaux extrémistes qui sévissent dans la région.

Conscient des enjeux stratégiques liés à la construction d’une base militaire chinoise à Djibouti, le Secrétaire à la Défense des États-Unis s’est dit très inquiet. En effet, la base chinoise se situera à proximité du Camp Lemonnier qui est pour l’instant l’unique base américaine présente sur le continent africain.

Alliés de taille dans la région du Sahel, les Américains offrent au français un appui militaire stratégique dans le cadre de l’opération militaire « Barkhane ». Lancée en 2014 par l’armée française à l’initiative de François Hollande, l’opération Barkhane s’est donné pour mission d’éliminer les groupes djihadistes salafistes (Ansar Dine, AQMI, Boko Haram, État islamique, etc.) qui pullulent dans toute la région du Sahel.

Ainsi, la France intervient militairement au Mali, en Mauritanie, au Burkina Faso, mais également au Tchad et Niger.

Bien que l’armée américaine n’intervienne pas directement sur le terrain contrairement à l’armée française, elle offre de précieux renseignements à cette dernière. De plus, selon plusieurs sources officielles, les avions français sont régulièrement approvisionnés par les ravitailleurs américains.

Prenant la parole lors d’un point de presse donné à l’occasion de sa visite dans ce micro-État de la Corne de l’Afrique, le Secrétaire américain à la Défense n’a pas manqué de souligner l’importance de la présence française au Sahel.  « Je n’ai pas de doute que les Français continueront de prendre les meilleures décisions pour leur propre intérêt, et que les terroristes n’auront pas à se réjouir de ces décisions » a-t-il déclaré.

Il a également ajouté que les Français « ont toujours prouvé qu’ils étaient là quand il fallait faire face » aux réseaux extrémistes. Il a ainsi invité la France à poursuivre son œuvre dans l’optique de contenir et d’éliminer progressivement la présence djihadiste au Sahel.

Djibouti au cœur d’une guerre stratégique entre les grandes puissances

Idéalement situé, notamment où le golfe d’Aden et de la mer Rouge se croissent, Djibouti occupe une position hautement stratégique pour les Américains, les Français, les Japonais et plus récemment pour les Chinois. La Chine y a décidé de construire sa première base militaire à l’étranger. Les travaux qui ont démarré en 2016 devraient être achevés d’ici la fin de cette année.

Dans le cadre de sa tournée au Moyen-Orient, Jim Mattis s’est dit profondément préoccupé par la présence militaire de l’armée chinoise qui compte y installer un contingent estimé à 10.000 hommes. Fruit du hasard ou pas, les Chinois ont décidé de construire leur base à côté du Camp Lemonnier…

C’est de cette base les aéronefs et les drones de l’armée américaine décollent pour mener des opérations de renseignement du Mali jusqu’en Somalie. En effet, la plupart des opérations menées par les forces spéciales américaines contre les shebabs en Somalie sont préparées depuis cette base. Il en est de même pour l’élimination des terroristes au Yémen.

Ce dimanche 23 avril, Jim Mattis s’est rendu à Djibouti au Camp Lemonnier pour une visite officielle. Ancien camp de la Légion étrangère, la base abrite aujourd’hui près de 4.000 militaires et contractuels américains. Les forces américaines qui y ont élu domicile ont pour principale mission de lutter contre dans la région de la Corne de l’Afrique. La présence américaine à Djibouti est conditionnée par le paiement d’un loyer annuel estimé à 30 ou 40 millions de dollars en 2013.

C’est depuis Camp Lemonnier que les Américains mènent leur vaste guerre contre al-Qaïda et l’État islamique. Clef de voûte de la stratégie militaire américaine dans la région, le Camp Lemonnier a nécessité un investissement estimé à 1,4 milliard de dollars.

La présence militaire chinoise pourrait nuire les Américains d’autant plus que les deux pays peinent très souvent à se mettre d’accord sur des questions sensibles comme la défense et la sécurité, mais également la politique étrangère.

Alliés des Américains, les Japonais ont également une base militaire à Djibouti, et ce depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Si la présence militaire Japonaise s’est renforcée ces dernières années à Djibouti, c’est tout simplement parce que le pouvoir Nippon souhaite protéger ses bateaux et lutter contre la piraterie qui sévit dans la région. Entre 20.000 et 25.000 navires empruntent le golfe d’Aden pour se diriger vers le canal de Suez.

Ancienne puissance coloniale et partenaire économique historique, la France possède une base militaire à Djibouti. C’est le second plus gros effectif militaire français en Afrique après le Mali avec près de 1.500 hommes.

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