Zimbabwe : Deux journalistes arrêtés pour avoir spéculé sur la santé de Mugabe

L’état de santé de Robert Mugabe, doyen des chef d’état de la planète, fait encore parler © AFP PHOTO / Jekesai NJIKIZANA

Suite à un article sur l’état de santé de Robert Mugabe sorti jeudi, deux journalistes zimbabwéens doivent passer devant le juge ce jour.

Le doyen des présidents africains vient de fêter ses 93 ans lors d’une grande fête. S’il veut se montrer encore robuste et s’estime toujours apte à diriger le pays, l’on a apprenait cette semaine qu’il s’était rendu à Singapour pour des raisons sanitaires. Cette « visite médicale programmée » sonnait pour certains comme la possible annonce du début de la fin.

Le journal indépendant zimbabwéen Newsday titrait à ce sujet « Nouvelle alerte sur la santé de Mugabe ». Le contenu de l’article faisait état de la supposée santé déclinante du chef de l’État. Un article qui lui a visiblement déplu. Wisdom Mudzungairi et Richard Chidza respectivement rédacteur en chef et reporter du journal, ont été interpellé par la police ce vendredi. En effet, ils ont été mis aux arrêts, puis relâchés quelques heures après, d’après la déclaration de leur avocat à l’AFP.  Accusés d’insulte envers le président et de « saper son autorité », les deux journalistes devraient comparaître aujourd’hui devant le tribunal.

Et la liberté de la presse, alors ?

Le Zimbabwe fait partie des pays où les libertés individuelles, notamment la liberté de la presse, sont fréquemment bafouées. Les organes de presse restent très contrôlés par le pouvoir, et la censure y règne. D’après le classement mondial 2016 sur la liberté de la presse par Reporters sans Frontières (RSF), le pays se situe à la 124e place.

Au vu de son grand âge, les spéculations sur son état de santé vont bon train. Mais le président ne badine pas avec ceux qui osent évoquer sa  mort prochaine. L’on se souvient, par exemple, de ce pasteur, Patrick Mugadza, arrêté en début d’année pour avoir prédit la mort de Mugabe.

Annoncé de retour la semaine prochaine au pays, il est probable que Robert Mugabe ne manque pas d’ironiser sur la situation lors de sa prochaine apparition.

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