Zimbabwe : Grace Mugabe détruit tout un village contre l’avis de la justice

Grace Mugabe
Grace Mugabe © AllAfrica

Actualité Zimbabwe – Grace Mugabe, l’épouse du président Robert Mugabe, semble au-dessus de la loi. Des policiers ont fait irruption la semaine dernière dans une ferme pour expulser ses habitants, détruisant les habitations. Malgré une ordonnance de justice intimant l’ordre de cesser tout déguerpissement, c’est manu militari que les forces de l’ordre ont agi sous l’ordre de la première dame.

Les villageois d’Arnold Farm à Mazowe ont vécu un véritable calvaire en fin de semaine dernière. Ils ont été expulsés de leurs terres manu militari alors qu’ils y vivaient depuis 17 ans déjà. Ces terres leur avaient été octroyées lors de la très controversée campagne de restitution des terres aux fermiers noirs. Robert Mugabe avait en effet jugé « opportun » de récupérer les terres des riches fermiers blancs et de les donner aux noirs.

Expropriation injuste pour la construction d’un parc de jeu

C’est Grace Mugabe, la toute puissante première dame, qui a donné l’ordre de procéder à la destruction du village. Elle voudrait y faire construire un parc de jeu dénommé « Nehanda National Monument » en lieu et place du village fermier. Malgré une ordonnance de la justice datant d’il y a deux ans, interdisant toute expulsion des terres citées, les forces de l’ordre ont débarqué mercredi dernier dans ce village prenant les habitants par surprise.

Les villageois ont pourtant obtenu un sursis vendredi. Le juge Felistas Chatukuta de la Haute Cour avait ordonné l’arrêt immédiat des expulsions des familles de leurs terres. Une demande urgente avait été déposée au tribunal par l’intermédiaire de l’avocat Donsa Nkomo, spécialiste des droits de l’homme. La requête visait à empêcher la police et le ministre des Terres, Douglas Mombeshora, d’effectuer les expulsions.

Privation brutale de libertés

C’est donc contre l’ordonnance du tribunal que les expulsions ont repris dès samedi. Il semblerait que les fonctionnaires agissant pour le compte de Grace Mugabe soient au-dessus de la loi. « C’est une violation manifeste du droit et une privation brutale des libertés individuelles », a déclaré l’avocat des victimes au journal The Standard.

Des familles entières ont été déportées dans des camions à Rivers Farm à plus de 40 km de leurs fermes. Comme si la déportation ne suffisait pas pour accentuer leur peine, les terres promises en compensation étaient déjà occupées. Les malheureux villageois ont donc été « entassés » sous des hangars, près des greniers à tabac. C’est dans des conditions inhumaines qu’ils y méditent sur leur sort.

Parmi les expulsés figure Talent Chingwaru, une mère d’un bébé de 10 jours qui n’a aucune idée du sort de sa progéniture. « C’est mon troisième enfant. J’ai laissé derrière moi mon mari et les deux autres. Je ne peux même pas laver les couches car il continue de pleuvoir, elles ne sècheront pas. Je dois continuer à transporter le bébé parce que son nombril n’a pas encore guéri » a déploré Talent Chingwaru.

Grace Mugabe récidive contre les arrêtés de justice

Ce n’est pas la première fois que Grace Mugabe défraye l’actualité du Zimbabwe au sujet de terres injustement arrachées. En décembre dernier, elle avait réussi à « exproprier » un riche homme d’affaires libanais contre l’avis de la justice. Trois villas valant 1,3 million de dollars avaient été réquisitionnées par la très controversée « first lady » au détriment du magnat de l’immobilier Jamal Ahmad.

Malgré une décision de justice intimant l’ordre de rendre les propriétés à l’homme d’affaires, elle avait fait fi de ne recevoir d’ordre de personne. Le conflit était né par le refus de la première dame d’accepter une bague en diamant commandé à l’homme d’affaires libanais. Grace Mugabe voulait l’offrir à son mari de président comme cadeau pour marquer leur 20e anniversaire de mariage. Apparemment, son rang de femme de président la place au-dessus du droit.

 

0 Comments on this Post

  1. Franck

    Et c’est quoi la source de l’info? Et surtout il ne faut pas nous dire que c’est l’AFP, ou APA, ou BBC…c’est des menteurs.

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