Zimbabwe : Il prédit la mort du président et il est jeté en prison

Robert Mugabe - Crédit photo : PressAfrik
Robert Mugabe – Crédit photo : PressAfrik

Ce lundi 16 janvier 2016  à Harare, le pasteur  Patrick Mugadza,  a été arrêté, pour avoir fait une prémonition sur le décès du chef de l’exécutif zimbabwéen Robert Mugabe. En effet, l’homme d’Église a  prophétisé la mort  en octobre prochain de  Robert Mugabe, qui fêtera en février  prochain son  93eme anniversaire. La sinistre prophétisation du pasteur lui a valu une comparution au tribunal  ce lundi tout d’abord pour « atteinte à l’autorité du chef de l’État », puis finalement pour  « insulte vis-à-vis de personnes pratiquant une religion ». Le pasteur « comparaissait dans une autre affaire quand la police l’a interpellé » au sujet de la prophétie qu’il a faite la semaine dernière, a déclaré Gift Mtisi, l’avocat nommé par l’organisation Zimbabwe lawyers for human rights  pour défendre le prévenu.

L’utilisation du drapeau sans autorisation punie d’une amende de 200 dollars

« Je pense que c’est une atteinte aux droits de l’homme, Il y a eu tout un tas de prédictions de ce type dans le passé qui ne se sont jamais révélées exactes. Ils auraient dû laisser le pasteur et voir ce qui allait se passer en octobre ! La notion d’atteinte au président est tellement floue et large. Il faut des limites, car sinon, dès que quelqu’un dit une chose qui ne plaît pas, on peut l’accuser. »  a estimé Jestina Mukoko, une journaliste zimbabwéenne.

Patrick Mugadza n’est pas à sa première sortie anti-Mugabe. Considéré comme un opposant notoire, on lui connait de nombreuses actions dont  une sortie drapé du drapeau  du pays , qui lui a valu une traduction devant le juge. En effet, depuis des manifestations anti-Mugabe de septembre 2016, «la fabrication, la vente et l’utilisation du drapeau national sans autorisation officielle» valent aux contrevenants un an de prison et une amende de 200 dollars (environ 180 euros).

« Les gens souffrent, Monsieur le Président »

Autre action, en 2015, l’homme de la société civile, après avoir franchi près de 500 km, pour rejoindre l’hôtel de Victoria Falls, avait été arrêté pour avoir défié  le chef de l’État lors d’un congrès de la Zanu-PF (le parti de Mugabe). Patrick Mugadza avait alors brandi une pancarte où l’on pouvait lire « Les gens souffrent, Monsieur le Président », en référence à la crise économique que traverse le Zimbabwe depuis une quinzaine d’années, avant de se faire arrêter.

On lui connait aussi un sermon sous un lampadaire, le jour de l’indépendance, en signe de contestation contre le manque de liberté.Mugadza ira même jusqu’à saisir le pape pour excommunier le chef de l’état.

En décembre 2016, le congrès de la Zanu-PF a investi Robert Mugabe , pour la prochaine élection à sa propre  succession au cours de l’année 2018  . Rappelons que ce dernier dirige le Zimbabwe depuis décembre 1987. Il est le chef d’État en exercice le plus âgé dans le monde.

  1. […] ces propos, le pasteur avait écopé de 55 jours de prison  pour « atteinte à l’autorité du chef de l’état ». Plus tard, dans une vidéo, il […]

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